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Mercredi 1 août 2007
publié dans : Je veux tout savoir
Guy est installé sur son canapé, pensif, il ne regarde pas la télévision pourtant allumée. Quand la sonnette retentit, il ne sait pas quoi penser. Il est très nerveux. Il ouvre la porte derrière laquelle se trouve Florence / Clara. Ils sont face à face. Ils se regardent, pour la première fois ils savent qui ils sont.

 

FIN

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Mercredi 1 août 2007
publié dans : Je veux tout savoir

Elle sort d'un taxi qui la dépose juste devant l'épicerie. Elle pousse la porte et échange un regard avec l'épicier qui la reconnaît et en souriant lui désigne l'arrière boutique. Elle marche au ralenti. Elle a peur mais ne veut pas regarder en arrière. Juste avant de passer le rideau, elle lève le menton, la tête haute, elle passe dans l'arrière boutique. M. Cholot est assis derrière sa table et sourit en la voyant. Très vite son sourire s'envole quand il voit qu'elle n'a aucun bagage. Il lui demande ce qu'il en est. Elle lui explique qu'elle n'a rien pu soutirer, qu'elle n'a aucun argent à lui rendre. Cholot se passe la main sur le visage, il est consterné.

 

 

M. Cholot :

J'espère au moins que tu t'es amusé parce que là ça va pas être marrant. Me voler et croire qu'il ne t'arrivera rien. Il faut être réglo avec moi. Je te prête de l'argent, tu fais tes conneries peu importe jm'en fous mais après tu me rembourses. T'es un mauvais exemple pour le quartier. Si les gens te voient te promener tranquillement j'passe pour quoi moi?

 

Tout en parlant, il s'est levé et lorsqu'il arrive devant elle, il la gifle violemment. Puis il lui attrape le visage d'une main, pressant ses joues.

 

M. Cholot :

Ecoute espèce de p'tite salope, on se fout pas de ma gueule.

 

Sur ce, il lui donne un violent coup de poing dans l’estomac. Elle s’effondre sur le sol. Il ne s’arrête pas là et son pied achève le travail.

 

M. Cholot :

Tu crois que t’es la première à vouloir me baiser, reprend-il la giflant de nouveau. Tu vas rejoindre tes copines dans le jardin. Avec de la chance tu trouveras ptêt même un gars ou ce qu'il en reste.

 

Il sort son pistolet d’un tiroir de son bureau et s’approche d’elle. Il le colle contre son visage et l'effleure. Le rideau s'écarte à cet instant et de nombreux policiers envahissent l'arrière boutique, maîtrisant Cholot et ses hommes de mains.

 

 

 

Dehors, adossée à une voiture de police, emmitouflée dans sa doudoune pour se protéger du froid, Florence/Clara attend. L’homme au chapeau arrive près d'elle et la remercie. Elle ne comprend pas. Il lui explique être un inspecteur sur la piste de Cholot depuis longtemps et avoir croisé Guy plusieurs fois sur son chemin. Quand il a compris de quel côté se plaçait Guy, ils se sont rencontrés puis ont convenu de placer un micro sur elle. Elle veut savoir depuis combien de temps Guy est au courant et apprend que ces trois derniers jours elle était démasquée. Ils se sont parlés dès le jour du saccage même si Guy avait déjà compris bien des choses auparavant. L’inspecteur continue de parler mais elle ne l’écoute plus, elle fixe l’horizon.

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Mardi 31 juillet 2007
publié dans : Je veux tout savoir

Florence est endormie dans le lit. Soudain le soleil éclaire son visage. Elle cligne des yeux puis les ouvre péniblement. Guy se penche près d’elle :

 

Guy :

Ecoute aujourd’hui on va tenter de se détendre un peu. Je t’amène dans un endroit sympa. Allez debout, il fait beau dehors.

 

 

 

Ils sortent d'un café, lançant quelques saluts aux clients qu'ils laissent sur place. Guy s'arrête au bout de quelques pas, stoppant du même coup Florence. Il lui montre alors d'un mouvement de la tête un homme costaud qui semble les fixer. Il a reconnu l'homme de main de Cholot, mais fait passer cela pour de la méfiance envers un homme à l'imposante carrure. Bien sûr elle aussi sait qui il est, et ils décident de le contourner. Ils tournent à droite mais un homme vient vers eux tandis que la brute les suit avec très peu de discrétion. Ils accélèrent tous le pas et brusquement, Guy attrape Florence par la main et prend une rue adjacente. Ils courent, mais sont suivis de près. La poursuite se fait plus rapide et violente, ils bousculent les passants sur leur passage et manquent de se faire renverser à chaque traversée de route. Ils arrivent enfin à aperçevoir l'immeuble et la foulée se fait plus pressante, ils sentent la libération de la dernière ligne droite. C'est à cet instant que trébuche Florence, sa cheville se tord et un cri de douleur lui échappe. Guy regarde en arrière, estime la distance qui les sépare de leurs poursuivants d'un rapide coup d'oeil puis saisit Florence par la taille et la porte à bras le corps. Puis, il se remet à courir. Florence regarde en arrière et prend peur, elle s'accroche plus fort à son porteur. Celui-ci ouvre tant bien que mal la porte de l'immeuble puis se met à grimper les escaliers. Jamais la montée de quatre étages ne lui paraîtra aussi longue. Il s'essouffle mais dès qu'il perd courage, il accentue un peu plus la pression de son étreinte sur Florence et sa volonté reprend le dessus. Lorsqu'il arrive à son étage il la dépose sur les marches puis cherche ses clés. Il ouvre, puis la mène à l'intérieur et claque la porte derrière eux. Il ferme les verrous et quand il se retourne, se trouve face à face avec Florence, son visage si près du sien qu'il ne résiste plus et l'embrasse. Les baisers qu'ils s'échangent sont passionnés, mais Guy éloigne ses lèvres. Elle sourit et lui dit qu'ils seront tranquilles dès qu’ils auront payé. Cette affirmation donne un coup de fouet à Guy qui part s'asseoir sur le canapé, il ne sait quoi penser et son visage est marqué par une grande nervosité. Il se retourne vers elle et lui demande pourquoi elle a besoin d'argent. Elle le regarde un instant sans parler puis en riant, lui dit qu'il le sait bien.

 

Guy :

Non je ne le sais pas. J'ai besoin que tu me le dises. A qui tu dois de l'argent et pourquoi?

 

Florence / Clara :

A mon ancien petit ami. Pour être libre, pour qu’il nous laisse tranquille. Pour être avec toi si tu le veux.

 

Guy :

Mais... pourquoi tu voudrais être avec moi? Tu me connais à peine et tu parles de moi à un fou furieux comme ton sauveur. Qui a dit que nous devions être ensemble?

 

Alors il se lève et lui ordonne de partir. Elle est interloquée. Les larmes se mettent à couler mais cette fois ci ce sont de vraies larmes, une vraie tristesse qui s'empare d'elle. Il part dans la chambre et prend sa doudoune qu'il trouve posé sur le lit. Il l'amène à Florence/Clara, puis part vers la porte, qu'il ouvre.

 

 

Florence / Clara :

Merci, dit-elle entre ses pleurs, en fait tu t’en fous complètement de ce que je peux bien devenir.   Je te hais. Je te hais.

 

Puis elle fond en larmes, tandis qu'il ferme la porte. Il s'appuie alors contre la cloison et murmure “Moi aussi je te hais”.

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Lundi 30 juillet 2007
publié dans : Je veux tout savoir

  Ils sont en train de déjeuner, silencieux. Elle sait qu'il faut attendre. C'est à lui de prendre la parole, elle ne peut que patienter. Des bruits de travaux se font entendre de l’entrée puis s’arrêtent. Le serrurier vient donner des clés à Guy et se faire payer. Dès que celui-ci est parti, sans forme de préambule, Guy demande à Florence de combien elle a besoin. Elle hésite à en parler puis alors qu'il insiste, elle lui dit avoir besoin de presque 10000 euros. Sans broncher, mais ayant du mal à contrôler une certaine rage intérieure, il demande si c'est là le prix réel. Treize mille euros est en réalité la somme nécessaire. Quand il l'entend, Guy se lève et part dans la chambre prendre une veste. Dans le salon, Florence ne sait quoi penser. Elle est perplexe. Guy réapparaît pour lui dire qu'il a besoin d'y réfléchir, seul. Il sort. Quand il est parti, elle prend le téléphone et compose un numéro:

 

Florence :

Oui c'est Clara. Passe moi Monsieur Cholot... Oui, rebonjour m’sieur Cholot. Je... Je ne suis pas sûr que ça marche en fait. Il...

 

Elle écoute la réponse, son visage blêmit, alors avant de raccrocher elle promet de faire tout son possible. Puis elle s'assied sur le canapé, reste sans rien faire quelques secondes, les yeux perdus dans le vide. Elle se ressaisie et allume la télévision, histoire de penser à autre chose.


La porte s'ouvre, Florence/Clara est endormie sur le canapé. Elle se réveille quand Guy referme derrière lui.

 

Florence / Clara :

J'ai préparé une pizza

 

Elle se relève et sourit avec peine devant le visage renfrogné de Guy.

 

Guy :

Merci.

 

Enfin, il sourit et ils s'installent tous les deux autour de la table.

 

Guy :

Ecoute, je suis pas sûr pour l'argent. J'aimerais bien t'aider mais...

 

Florence / Clara :

Laisse, je... je me débrouillerai bien. On verra.

 

Guy :

Tu te débrouilleras comment?

 

Florence / Clara :

J'en sais rien. Je vais partir, prendre l'avion pour un pays étranger où je serai tranquille. Tu me manqueras...

 

Guy :

D’accord, répond-il durement

 

Florence / Clara :

Et puis j'espère que toute cette histoire ne va pas retomber sur toi maintenant qu'ils t'ont trouvé.

 

Guy :

Bien sûr... Ecoute, rien n'est décidé. On peut bien réfléchir encore un jour ou deux.

 

Ils continuent à manger, silencieux. Elle a les yeux dans le vague puis elle ajoute :

 

Florence / Clara :

Au fait, t’aurais pas vu ma doudoune? Je la trouve plus.

 

Guy :

Non désolé. On cherchera demain si tu veux.

 

Ils continuent de manger, sans échanger un mot. Il a le regard dur de ceux qui ne pardonnent pas mais lorsqu’elle lève la tête, son expression s’adoucit et il lui sourit.

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Dimanche 29 juillet 2007
publié dans : Je veux tout savoir

  Guy se gare devant son immeuble lorsqu’il en voit sortir l’homme de main de tout à l’heure ainsi qu’un autre gorille escortant Monsieur Cholot. Ils ont entre leurs mains des bombes de peinture. Guy sort de sa voiture en douceur, paniqué du sort réservé à Florence. Il ne peut pas aller plus loin car ils risqueraient de le voir, alors il se cache derrière sa voiture. Lorsqu’ils arrivent à leur voiture, le Boss lève les yeux au ciel et fait un signe de la main. Guy regarde également et aperçoit Florence à la fenêtre lançant de joyeux "au revoir". Secoué, il s’assied contre sa voiture et tente de se remettre du choc. Il est complètement effondré. Au loin, le même homme au chapeau l'observe lui et la voiture de Cholot qui s'éloigne. L’homme désigne du doigt Guy à un autre dont on devine la présence.

  Guy monte les étages pour arriver chez lui, portant un sac de courses. Lorsqu’il arrive à son palier, il observe sa porte fracassée et couverte de tags. Son paillasson n’est pas en très bon état non plus et il franchit le seuil, morose. Sur le canapé, il trouve Florence. Quand elle l'aperçoit, celle-ci s’effondre en pleurs. Il se rapproche d’elle et s’assied à ses côtés. Elle plonge sa tête contre sa nuque et pleure encore et encore. Lorsqu’elle se remet, elle fournit ses explications. Tremblante, elle s’excuse d’abord. Son petit ami serait en réalité une brute vénale qui ne la laisserait récupérer ses affaires et vivre normalement qu’en échange d’une certaine somme. Elle est bouleversée et cherche à comprendre comment ils se sont perdus dans le supermarché. Il raconte qu’il l’avait crue partie après l'avoir cherché une bonne heure. Froidement il demande ce que contenait la lettre envoyée à son ancien petit ami. Elle rétorque lui avoir écrit qu'un homme la protégeait désormais. Devant le manque de réaction de Guy, elle rajoute que son ancien petit ami est prêt à tout et n'est pas seul.

 

Guy :

Tu lui as donné mon nom ?

 

Florence :

Non mais je crois qu’il m’a quand même retrouvée. Qu’il nous a trouvés tous les deux.

 

Guy :

Je vais appeler un serrurier et faire à manger. On en parlera après.

 

Et c’est ce qu’il fit.

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Samedi 28 juillet 2007
publié dans : Je veux tout savoir

  Guy se dirige vers Villejuif. Il se gare devant une épicerie et sort de sa voiture. S'approchant du magasin, il bouscule un homme étrange au chapeau en feutre incliné vers l'avant, ce qui a pour effet de cacher la majeure partie de son visage. Il s'excuse puis entre dans l'épicerie. A l’intérieur, le vendeur observe, méfiant, Guy qui approche. Lorsqu’il demande M. Cholot, l'homme à qui était adressée la lettre de Florence, le regard du vendeur se fait plus amical.

 

Le vendeur :

Un nouvel arrivant. Z’êtes sûrement le M’sieur Lartigue. C’est bien qu’on vous ai prévenu de v’nir ici directement. J’vais prévenir le boss.

 

Sur ce, le vendeur s’éloigne vers l’arrière boutique, écarte les rideaux qui sépare les deux pièces et passe la tête dans le trou qui s’est fait. Après quelques secondes, il se retourne et appelle le présumé Lartigue. Guy avance, tremblant et inquiet. Lorsqu’il passe les rideaux, il découvre une pièce mal éclairée, seulement occupée d’une table et de deux chaises. Sur l’une, est assis celui qu’on devine être le chef.

 

M. Cholot:

Approche-toi Lartigue…

 

Guy :

Hum oui oui

 

M. Cholot :

Bien

 

Le patron traîne le mot comme pour utiliser au maximum les possibilités de toutes les lettres. Le Boss lui explique alors comment fonctionne ce quartier qu’il “aime comme son enfant” et dont il protége tous les habitants. Ici chacun est aidé pour ouvrir son commerce ou agrandir sa maison, mais en contrepartie il doit participer “à la vie de la communauté”, par des moyens financiers, entendons-nous bien. Les paiements sont étalés de façon à pouvoir rembourser le boss le plus lentement possible ou tout du moins le plus longtemps. Au moment où il interroge le prétendu Lartigue sur ces projets, un homme de main entre pour déposer le courrier sur la table du boss. Celui-ci, d’un signe de la main demande à Guy d’attendre quelques instants. Il ouvre une lettre que Guy reconnait comme celle postée plus tôt, la lit, en jette deux autres sans les lire puis en ouvre une dernière. Il la lit puis appelle son homme de main en reprenant la première. Lorsqu’il arrive, il lui demande de raccompagner “Lartigue” jusqu’à la sortie et de revenir assez vite. Il se retourne ensuite vers Guy et le prie de bien vouloir l’excuser mais une habitante lui demande un service très urgent. Il le reverra plus tard si besoin est.

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Vendredi 27 juillet 2007
publié dans : Je veux tout savoir

  Le lendemain, ils sont tous deux assis autour de la table basse, elle sur une chaise de terrasse, lui sur le canapé. Ils boivent leur café en silence. Il ne sait pas quoi dire et s’en veut pour ce qu’il considère comme une erreur. Elle, après avoir jaugé la situation, se remet à parler. Elle cherche à retrouver l’intimité de la veille mais aussi à lui faire craindre de la perdre. Elle évoque son possible départ, lui dit qu’ils devraient se revoir. Elle vient de nouveau s’asseoir près de lui et le titille. Elle sait qu’il ne pourra résister longtemps. Une fois l’homme amoureux, elle pourra en tirer ce qu’elle veut. Le téléphone sonne, il décroche et se lève brusquement.

 

    Guy :

Oui, allo.

 

Myriam :

Salut Guy, c’est Myriam.

 

Guy :

Ah salut, comment tu vas?

 

Myriam :

Euh... t’as l’air joyeux! T’es pas fâché? Ecoute, je suis désolé, je voulais vraiment te prévenir et puis tu sais ce que c’est, ça m’est sorti de la tête.

 

Guy :

Attends, de quoi tu me parles?

 

Myriam :

Pour Nathalie, la chef op’, celle que tu devais aller chercher à l’aéroport... Monnet.

 

Il s’éloigne légèrement de Florence, assise sur le canapé et prend un air décontracté.

 

 

   Guy :

Hum hum. C’est à dire? Que s’est il passé au juste?

 

Myriam :

Elle a été retenue pour terminer le film. Mais elle arrive ce soir si ça t’întéresse toujours.

 

Guy :

Euh.. Ecoute, là on va éviter mais je te rappelle. Merci.

 

Il raccroche et regarde Florence qui continue de lui sourire innocemment. Il se tortille, hésite puis lance :

 

Guy :

Eh! Là je dois refaire un tour au supermarché, je... Non tu sais quoi? T’as qu’à venir avec moi. On sera vite de retour.

 

 

 

     Ils passent tous les deux l’entrée du supermarché et disparaissent dans la foule. Les secondes passent puis Guy ressort, regardant sans cesse derrière lui. Il se dépêche d’aller dans sa voiture et part.

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Jeudi 26 juillet 2007
publié dans : Je veux tout savoir

  Ils sont au supermarché, ils ont l’air d’un couple. Ils se promènent dans les allées, prenant ça et là des articles pour l’un ou pour l’autre. Quand ils sortent, il approche la main de son sac à main et saisit l’enveloppe à poster qui dépasse légèrement. Partant en courant vers la boîte aux lettres, il dit à Florence de l'attendre à la voiture. Il est intrigué lorsqu’il lit la destination (Villejuif) avant de la laisser dans la fente puis il part vers la voiture. Elle l’observe, scrutant son visage pendant qu’il monte puis il démarre et la fiat s’éloigne.

 

  La porte de l’appartement s’ouvre, ils entrent. Elle marche à cloche pied, soupirant. Il la fait s’installer sur le canapé et poser le pied sur la table. Puis il part vers la salle de bain

 

Florence :

Ce n’est rien ça me fait ça souvent mais ça va passer tout seul. La cheville c’est mon point faible.

 

Il revient avec un tube de crème, qu’il ouvre en s’asseyant sur la table.

 

Florence :

Non mais je te dis c’est rien, je…

 

Guy :

Chhhhh, c’est bon. Il faut bien s’occuper.

 

Il commence à lui enlever sa chaussure, puis après s’être versé de la crème sur les mains il lui masse la cheville. Alors le regard de la jeune fille change. On sent qu’elle apprécie ce qu’il fait, elle est touchée par la bonté et la douceur de Guy mais subitement elle retire son pied, se lève et déclare qu’elle va se reposer dans le lit. D’un pas pressé, elle sort du salon. Guy reste sur place, les mains dans le vide comme s’il tenait encore ce pied délicat.

  Rentrant dans la chambre, elle ferme la porte derrière elle puis soupire. Elle semble vouloir faire demi-tour puis s’arrête et se conjure elle-même de ne pas faire l’idiote, de ne pas être sentimentale. Elle va sur le lit, et s’allonge en position fœtale.

  Guy finit de préparer une omelette dans la cuisine. Il rajoute des lardons dans la poêle puis la laisse sur le feu. Il va vers la porte de la chambre et frappe doucement. Sans réponse, il entrouvre et jette un œil à l’intérieur. Elle est allongée sur le lit, endormie. Il ferme délicatement la porte et va manger, seul.

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Mercredi 25 juillet 2007
publié dans : Je veux tout savoir

  La matinée est bien avancée, le soleil filtre à travers la fenêtre d'un appartement tellement encombré qu'il semble minuscule. Sur le canapé de la pièce principale dort Guy enfouit dans un tas de vêtements sans doute sales. Une table basse lui permet de faire reposer ses pieds parmi les tasses de café des matins précédents. La lumière dans la cuisine est allumée et à vrai dire, là aussi le désordre règne. Florence prépare le café, et nettoie deux tasses pour le verser. Puis elle entre dans le salon et se rapproche du canapé. En s'agenouillant devant celui-ci, elle secoue très doucement l'épaule de Guy en l'appelant par son prénom. A son réveil, il voit le visage de Florence près du sien et reste bouche bée. Elle lui sourit puis lui demande s'il veut du sucre dans son café. Il n'en veut aucun, dit il et il fait de la place sur la table et sur le canapé près de lui. Ils s'installent, elle veut du papier et un stylo pour réclamer dit-elle l'appartement à son ancien petit ami puisqu'elle a des droits dessus. Il tente de trouver cela et ouvre une multitude de tiroirs en soulevant beaucoup de bric à brac avant de trouver ce qu'elle désire.

  Ils boivent ensemble leur café, côte à côte. Il tente de se détendre et de faire ressortir une personnalité plus joyeuse et extravertie que ce qu’elle a pu voir jusque là. Elle, semble sous son charme, et quand leurs regards se croisent, on décèle une attirance réciproque. Elle s’interroge sur la façon dont il paye ce petit appartement. Il travaille beaucoup pour cela, même si ces parents voulaient lui en acheter un plus grand. Il a décidé de voler de ces propres ailes sans jamais leur demander une once d’argent. Pourtant ce n’est pas ce qui leur manque. Au moment où le silence se fait, elle demande une feuille de papier et un stylo pour écrire à son ancien petit ami. Elle pense être en droit de récupérer l’appartement mais ne veut pas le croiser. Elle se met à écrire. Guy veut faire un peu de ménage et range comme il peut. Elle s’arrête un instant, lève la tête et le regarde, gênée, jusqu’à ce qu’il s’en aperçoive. Lorsqu’il lui demande ce qu’il y a, elle feint de ne pas comprendre. Mais elle cède de bon coeur devant son insistance.

Florence :

Je cherche un endroit où m'installer. Il faut bien que je lui laisse une adresse où me répondre. T'as un annuaire par là?

 

Guy :

Oh,... Je dois avoir ça quelque part mais… tu pourrais rester si tu veux. C’est juste l’affaire de quelques jours de toute façon et je suis en vacances.

 

Florence :

Non je ne veux pas te déranger.

 

Guy :

Puisque je te dis que je suis en vacances. Il n'y a aucun problème.

 

Florence :

Je..., d’accord.

 

Un sourire éclatant se peint sur son visage puis elle se jette à son cou. Il est vite embarrassé et elle retourne finir sa lettre. Enfin, elle dit l’avoir terminée. Guy est souriant sur le canapé où elle va le rejoindre, tandis que sur la lettre nous pouvons lire :

  “Je suis désolée de ne pas être restée pour le rendez-vous. J’avais bien un moyen de te rembourser mais j’en ai trouvé un autre beaucoup mieux. Un beau pigeon. Pour que tu voies l’argent arriver j’ai juste besoin d’un dernier service…”

 

Sur le canapé il est gêné par le rapprochement soudain de Florence qui se déplace vers lui, alors il se lève.

 

Guy :

Allons faire quelques courses, on en profitera pour poster la lettre

 

Il s’éloigne d’elle et l’on sent que cette réaction est plus du fait de l’inhabituelle situation que de Florence qu’il semble trouver à son goût. Elle se lève déçue et ils sortent.

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Mardi 24 juillet 2007
publié dans : Je veux tout savoir

Une fiat Uno blanche qui doit avoir vingt ans les attend sur le parking. Notre jeune homme, ouvre la portière passager et la femme s'installe. Il fait rapidement le tour puis se place au volant. Il démarre alors qu'elle s'extirpe de sa doudoune argentée pour la jeter sur le siège arrière. Elle porte une longue robe rouge qui ne convient pas du tout au climat mais cela n'a pas d'importance tant elle la magnifie. Il n'ose même plus la regarder et roule droit vers la sortie. Il tente un début de conversation :

 

 

L’homme :

Et sinon c'était bien Bangkok?

 

La femme :

Bangkok! Oui, très impressionnant mais vous savez je travaillais beaucoup. Je n'ai pas vraiment visité.

 

L’homme :

Myriam m'a dit que vous aviez tourné près du palais royal.

 

La femme :

Oui... Impressionnant...

Et vous faites ça souvent? Je veux dire aller chercher des inconnus  à l'aéroport.

 

L’homme :

Myriam m'appelle de temps en temps comme ça je reste en contact avec le milieu. Et puis ils pensent à moi des fois comme homme à tout faire sur des tournages. Peut-être qu'on travaillera ensemble un de ces quatre.

 

La femme :

Avec plaisir...

 

L’homme :

Guy

 

La femme :

Avec plaisir Guy. Je suppose que tu connais mon prénom.

 

Guy :

Non en fait non, on m'a juste donné la pancarte et le lieu.

 

La femme :

Florence. Florence Monnet.

 

  Arrivés au panneau d'entrée à Alfortville, il pense enfin à lui demander l'adresse exacte où il doit la déposer. Elle lui tourne la tête, se plaçant vers la vitre et ne répond pas. Il hésite, ne comprend pas puis entend les premiers sanglots. Il lui demande si elle va bien, mais elle enfouit alors sa tête entre ses mains et ses pleurs se font bruyants, hors de tout contrôle.

 

Guy :

Je disais ça moi, c'est pas pressé. C'est pas grave. On va prendre notre temps.

 

Il lui pose maladroitement la main droite sur l'épaule et conduit tout aussi maladroitement avec la main restante. Au milieu des sanglots, elle prononce péniblement qu'elle n'a nulle part où aller, ayant rompu avec son petit ami juste avant le voyage. Celui ci a gardé les clés de leur appartement et l'a jetée dehors. A peine à t-elle terminé sa phrase qu'elle repart de plus belle.

Il lui demande de se calmer et roule encore. Au volant, il finit par ne plus entendre les pleurs de sa passagère et l'appelle doucement. Il se rend vite compte que celle ci s'est endormie et en soupirant, il se reconcentre sur la route. Nous voyons pourtant qu'elle ouvre un oeil quand il se détourne d'elle puis elle sourit. Un sourire qui n'annonce rien de bon et referme les yeux. 
Arrivés devant un immeuble, il se gare puis se tourne vers elle. Il la secoue doucement et lorsqu'elle se réveille, il lui explique la situation. Elle pourra passer la nuit chez lui étant donné l'heure avancée mais il habite au quatrième sans ascenseur et elle devra les monter puisqu'il n'a pas la force de la porter. Elle sourit et minaude pour se lever. Ils s'engagent dans l'immeuble.

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Lundi 23 juillet 2007
publié dans : Je veux tout savoir

La femme :

Qui êtes vous?

 

L’homme :

J'ai été embauché par votre maison de production pour venir vous chercher à l'aéroport. Si vous êtes bien Madame Monnet?

 

La femme :

Cela fait longtemps que vous attendez?

 

L’homme :

Près d'une demi-heure.

 

La femme :

Très bien. Enchanté, je suis celle que vous attendez.

 

L’homme :

Je suis désolé de ne pas vous avoir vu plus tôt.

 

La femme :

Vous ne pouviez pas savoir avec tout ce monde.

 

L’homme :

Oui c'est sûr mais là le choix s’est restreint.

 

Elle semble le scruter des pieds à la tête. Elle voit en lui un jeune homme naïf, peut-être vingt-cinq ans, et totalement impressionné par elle. Lui découvre une femme encore plus belle que ce qu'il avait imaginé. Peut-être la trentaine tout juste, sans doute trop maquillée mais. Bon, et bien allons y, dit-elle, rompant le silence qui menaçait de s'installer. D'un geste désinvolte, elle sort une enveloppe de son sac à main, la froisse et la jette dans une poubelle près d'elle. Puis elle s’éloigne vers la sortie.

 

L’homme :

Et vos, et vos... vos valises?

 

La femme :

Je n'en ai jamais, lui assure t-elle alors le traînant vers la sortie d'un pas rapide.

 

L'horloge affiche 2h57 et sur l'enveloppe, on peut lire “RDV à 3h, hall C”

 

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Lundi 23 juillet 2007
publié dans : Je veux tout savoir
Nous sommes au milieu de la nuit, un avion vient de se poser et les passagers sortent. Dans la salle d'accueil leurs familles les attendent et tous se lèvent cherchant une soeur, un mari, un fils,... Une femme vient s’asseoir, isolée. Elle fixe simplement l'horloge géante indiquant 2h20, avec une sorte de crispation de plus en plus visible à chaque seconde qui passe. Elle est très élégante, semblant habillée pour une occasion particulière. Elle détonne au milieu de tous ces vacanciers ou familles épuisées, vêtues en hâte pour dormir quelques instants supplémentaires. En réalité tout le monde la remarque mais  elle, elle ne regarde que l'horloge. Prise de frissons, elle enfile la doudoune argentée posée sur le siège. Elle n'a pas froid à cause du temps, non, elle a froid parce qu'elle est paniquée. Si elle se force à regarder l'horloge c'est pour ne penser à rien d'autre. Et pourtant, elle tressaille, ses mains se crispent sur ses jambes et s'affairent à de multiples tâches inutiles. Un homme passe derrière elle et, au contact de son manteau, elle panique puis se reprend. Elle se fixe sur l'horloge.

 

  Au milieu du brouhaha que provoque le débarquement, nous voyons arriver de loin un jeune homme à l'allure estudiantine, mal rasé pour l'occasion et qui traîne à son bras une légère pancarte blanche se balançant contre ses jambes tandis qu'il court. Paniqué, il s'arrête au bord de la foule, puis s'éloigne quelque peu à reculons pour lever à bout de bras sa pancarte où désormais on peut lire “Mme Monnet”. Il semble mal réveillé et plus que toute autre personne ici, habillé à la hâte. Plusieurs couches de gilets et de pulls tendent à le protéger du froid nocturne, tandis que l'on observe sur lui un jean trempé par les flaques qu'on imagine gigantesque sur son parcours. Les gens se bousculent vers la sortie, heureux d'avoir enfin trouvé la personne perdue parmi la foule qu'ils étaient venus chercher. L'étudiant tente quelques discrets “Madame Monnet, Madame Monnet, non..”. Sa timidité ne fait guère de doute et ne l'aide pas dans sa recherche. La foule diminue puis il ne reste que quelques âmes. Enfin notre jeune homme remarque la femme fixée sur l'horloge et qui lui tourne le dos.

 

  Bien qu'il pense avoir trouvé là sa madame Monnet, il n'ose avancer et reste sur place. Elle, fixant l'heure, lui, observant sa chevelure brune, coupée juste au dessus des épaules et  son énorme doudoune argentée qui n'enlève rien au charme qui se dégage de la jeune femme. De très grandes boucles ornent ses oreilles et les yeux du jeune homme n'en décollent pas. Il est étrange de constater chez une femme une très grande distinction, une classe et une élégance folle, lorsque cette même femme est vêtue de la sorte. Chaque passager a trouvé sa connaissance et les rares personnes seules sont déjà parties. Alors qu’il est désormais quasiment certain qu’il s’agit de Madame Monnet, elle se retourne et l’aperçoit. Il lui fait un signe de la main mais de nouveau elle lui tourne le dos. Il hésite sur la conduite à tenir lorsqu’elle se lève puis marche jusqu’à lui
par Skapin Scénariste ajouter un commentaire commentaires (0)   
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