| Juillet 2008 | ||||||||||
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Une fiat Uno blanche qui doit avoir vingt ans les attend sur le parking. Notre jeune homme, ouvre la portière passager et la femme s'installe. Il fait rapidement le tour puis se place au volant. Il démarre alors qu'elle s'extirpe de sa doudoune argentée pour la jeter sur le siège arrière. Elle porte une longue robe rouge qui ne convient pas du tout au climat mais cela n'a pas d'importance tant elle la magnifie. Il n'ose même plus la regarder et roule droit vers la sortie. Il tente un début de conversation :
L’homme :
Et sinon c'était bien Bangkok?
La femme :
Bangkok! Oui, très impressionnant mais vous savez je travaillais beaucoup. Je n'ai pas vraiment visité.
L’homme :
Myriam m'a dit que vous aviez tourné près du palais royal.
La femme :
Oui... Impressionnant...
Et vous faites ça souvent? Je veux dire aller chercher des inconnus à l'aéroport.
L’homme :
Myriam m'appelle de temps en temps comme ça je reste en contact avec le milieu. Et puis ils pensent à moi des fois comme homme à tout faire sur des tournages. Peut-être qu'on travaillera ensemble un de ces quatre.
La femme :
Avec plaisir...
L’homme :
Guy
La femme :
Avec plaisir Guy. Je suppose que tu connais mon prénom.
Guy :
Non en fait non, on m'a juste donné la pancarte et le lieu.
La femme :
Florence. Florence Monnet.
Arrivés au panneau d'entrée à Alfortville, il pense enfin à lui demander l'adresse exacte où il doit la déposer. Elle lui tourne la tête, se plaçant vers la vitre et ne répond pas. Il hésite, ne comprend pas puis entend les premiers sanglots. Il lui demande si elle va bien, mais elle enfouit alors sa tête entre ses mains et ses pleurs se font bruyants, hors de tout contrôle.
Guy :
Je disais ça moi, c'est pas pressé. C'est pas grave. On va prendre notre temps.
Il lui pose maladroitement la main droite sur l'épaule et conduit tout aussi maladroitement avec la main restante. Au milieu des sanglots, elle prononce péniblement qu'elle n'a nulle part où aller, ayant rompu avec son petit ami juste avant le voyage. Celui ci a gardé les clés de leur appartement et l'a jetée dehors. A peine à t-elle terminé sa phrase qu'elle repart de plus belle.
Il lui demande de se calmer et roule encore. Au volant, il finit par ne plus entendre les pleurs de sa passagère et l'appelle doucement. Il se
rend vite compte que celle ci s'est endormie et en soupirant, il se reconcentre sur la route. Nous voyons pourtant qu'elle ouvre un oeil quand il se détourne d'elle puis elle
sourit. Un sourire qui n'annonce rien de bon et referme les yeux.
Arrivés devant un immeuble, il se gare puis
se tourne vers elle. Il la secoue doucement et lorsqu'elle se réveille, il lui explique la situation. Elle pourra passer la nuit chez lui étant donné l'heure avancée mais il habite au quatrième
sans ascenseur et elle devra les monter puisqu'il n'a pas la force de la porter. Elle sourit et minaude pour se lever. Ils s'engagent dans l'immeuble.