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Lundi 23 juillet 2007
publié dans : Je veux tout savoir
Nous sommes au milieu de la nuit, un avion vient de se poser et les passagers sortent. Dans la salle d'accueil leurs familles les attendent et tous se lèvent cherchant une soeur, un mari, un fils,... Une femme vient s’asseoir, isolée. Elle fixe simplement l'horloge géante indiquant 2h20, avec une sorte de crispation de plus en plus visible à chaque seconde qui passe. Elle est très élégante, semblant habillée pour une occasion particulière. Elle détonne au milieu de tous ces vacanciers ou familles épuisées, vêtues en hâte pour dormir quelques instants supplémentaires. En réalité tout le monde la remarque mais  elle, elle ne regarde que l'horloge. Prise de frissons, elle enfile la doudoune argentée posée sur le siège. Elle n'a pas froid à cause du temps, non, elle a froid parce qu'elle est paniquée. Si elle se force à regarder l'horloge c'est pour ne penser à rien d'autre. Et pourtant, elle tressaille, ses mains se crispent sur ses jambes et s'affairent à de multiples tâches inutiles. Un homme passe derrière elle et, au contact de son manteau, elle panique puis se reprend. Elle se fixe sur l'horloge.

 

  Au milieu du brouhaha que provoque le débarquement, nous voyons arriver de loin un jeune homme à l'allure estudiantine, mal rasé pour l'occasion et qui traîne à son bras une légère pancarte blanche se balançant contre ses jambes tandis qu'il court. Paniqué, il s'arrête au bord de la foule, puis s'éloigne quelque peu à reculons pour lever à bout de bras sa pancarte où désormais on peut lire “Mme Monnet”. Il semble mal réveillé et plus que toute autre personne ici, habillé à la hâte. Plusieurs couches de gilets et de pulls tendent à le protéger du froid nocturne, tandis que l'on observe sur lui un jean trempé par les flaques qu'on imagine gigantesque sur son parcours. Les gens se bousculent vers la sortie, heureux d'avoir enfin trouvé la personne perdue parmi la foule qu'ils étaient venus chercher. L'étudiant tente quelques discrets “Madame Monnet, Madame Monnet, non..”. Sa timidité ne fait guère de doute et ne l'aide pas dans sa recherche. La foule diminue puis il ne reste que quelques âmes. Enfin notre jeune homme remarque la femme fixée sur l'horloge et qui lui tourne le dos.

 

  Bien qu'il pense avoir trouvé là sa madame Monnet, il n'ose avancer et reste sur place. Elle, fixant l'heure, lui, observant sa chevelure brune, coupée juste au dessus des épaules et  son énorme doudoune argentée qui n'enlève rien au charme qui se dégage de la jeune femme. De très grandes boucles ornent ses oreilles et les yeux du jeune homme n'en décollent pas. Il est étrange de constater chez une femme une très grande distinction, une classe et une élégance folle, lorsque cette même femme est vêtue de la sorte. Chaque passager a trouvé sa connaissance et les rares personnes seules sont déjà parties. Alors qu’il est désormais quasiment certain qu’il s’agit de Madame Monnet, elle se retourne et l’aperçoit. Il lui fait un signe de la main mais de nouveau elle lui tourne le dos. Il hésite sur la conduite à tenir lorsqu’elle se lève puis marche jusqu’à lui
par Skapin Scénariste ajouter un commentaire commentaires (0)   
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